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Franz Anton Maulbertsch
(Langenargen, 1724 - Vienne, 1796)

Diane et Callisto
1760

Huile sur papier
Brno, Galerie de Moravie

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 En 1759, Franz Anton Maulbertsch termina la fresque somptueuse ornant la salle du château épiscopal de Kromeritz, relatant cinq événements importants de l'histoire de l'évêché et du consistoire d'Olomouc. L'évêque Leopold Friedrich, comte d'Egkh, satisfait de son travail, lui proposa de décorer de fresques d'autres salles du château, il choisit comme sujet principal les histoires symboliques et distrayantes tirées des Métamorphoses d'Ovide, permettant au peintre de bien mettre en valeur son imagination créatrice.

Conformément aux théories du décor de l'époque, les scènes choisies se rapportaient aux banquets et aux agapes. Pour cette raison, le commanditaire de la version définitive, confirmée par la signature du peintre, préconisa quatre scènes principales (le festin donné à l'occasion des noces de Pélée et de Thétis en présence de dieux de l'Olympe ; le triomphe de Bacchus rentrant d'Afrique escorté d'une compagnie délirante de Bacchantes, Satyres et Faunes ; le combat des Centaures et des Lapithes invités aux noces de Pirithoos et de Hippodamie ; le dieu de la mer Nérée et sa fille Amphitrite accompagnés de Tritons et de Nymphes. Ces scènes principales devaient être enrichies d'allégories représentant les moments ou phases de la journée : le matin, le midi, le soir et la nuit accompagnés de références aux évêques vivant à Olomouc dans le passé, le présent et le futur. Le peintre pouvait, en cas de besoin, situer dans les champs secondaires d'autres scènes mythologiques poursuivant les thèmes des allégories principales : le Parnasse et les Muses, Pâris jugeant la dispute de Héra, Athéna et Aphrodite, Penthée déchiqueté par les Bacchantes, Bacchus métamorphosant des pirates en dauphins. Malgré le grand nombre de croquis qui témoignent de l'attention que le peintre prêtait aux travaux préparatoires, la commande ne fut jamais réalisée, car l'évêque Egkh mourut en décembre 1760. Son successeur, le comte Maximilian Hamilton, ne revint à l'intention initiale qu'en 1769 quand il agréa un autre peintre, Franz Adolph de Freethal, pour réaliser les peintures. Ce dernier suivit sans réserve la doctrine de la nouvelle esthétique classique.

La plupart des esquisses préparatoires élaborées par Maulbertsch et soumises à la décision de son client sont de nos jours perdues ou non identifiées. Par tradition, on classe parmi les études destinées à la décoration de la grande salle à manger, deux esquisses recto verso sur le papier traitant de sujets tirés de l'œuvre d'Ovide. L'une - Diane au bain ou bien l'Education du jeune Bacchus - se trouve dans la Osterreichische Galerie-Barockmuseum à Vienne, l'autre - Diane et Callisto. Bien que leurs thèmes ne soient pas explicitement mentionnés dans le programme définitif de décoration, on ne saurait mettre en doute leur appartenance à la fresque considérée.

Le caractère un peu stylisé du mouvement des personnages prouve l'influence incontestable de l'œuvre des peintres maniéristes qui travaillaient à Prague à la cour de Rodolphe II. D'autres motifs trahissent le retentissement indubitable de différentes oeuvres de Rubens, Johan Liss, Carlo Marratta, Carlo Carlone ou Paul Troger.