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Franz Anton Maulbertsch Diane et Callisto Huile sur papier |
En 1759, Franz Anton Maulbertsch
termina la fresque somptueuse ornant la salle du château épiscopal
de Kromeritz, relatant cinq événements importants de l'histoire
de l'évêché et du consistoire d'Olomouc. L'évêque
Leopold Friedrich, comte d'Egkh, satisfait de son travail, lui proposa de décorer
de fresques d'autres salles du château, il choisit comme sujet principal
les histoires symboliques et distrayantes tirées des Métamorphoses
d'Ovide, permettant au peintre de bien mettre en valeur son imagination créatrice.
Conformément aux théories du décor de l'époque,
les scènes choisies se rapportaient aux banquets et aux agapes. Pour
cette raison, le commanditaire de la version définitive, confirmée
par la signature du peintre, préconisa quatre scènes principales
(le festin donné à l'occasion des noces de Pélée
et de Thétis en présence de dieux de l'Olympe ; le triomphe de
Bacchus rentrant d'Afrique escorté d'une compagnie délirante de
Bacchantes, Satyres et Faunes ; le combat des Centaures et des Lapithes invités
aux noces de Pirithoos et de Hippodamie ; le dieu de la mer Nérée
et sa fille Amphitrite accompagnés de Tritons et de Nymphes. Ces scènes
principales devaient être enrichies d'allégories représentant
les moments ou phases de la journée : le matin, le midi, le soir et la
nuit accompagnés de références aux évêques
vivant à Olomouc dans le passé, le présent et le futur.
Le peintre pouvait, en cas de besoin, situer dans les champs secondaires d'autres
scènes mythologiques poursuivant les thèmes des allégories
principales : le Parnasse et les Muses, Pâris jugeant la dispute de Héra,
Athéna et Aphrodite, Penthée déchiqueté par les
Bacchantes, Bacchus métamorphosant des pirates en dauphins. Malgré
le grand nombre de croquis qui témoignent de l'attention que le peintre
prêtait aux travaux préparatoires, la commande ne fut jamais réalisée,
car l'évêque Egkh mourut en décembre 1760. Son successeur,
le comte Maximilian Hamilton, ne revint à l'intention initiale qu'en
1769 quand il agréa un autre peintre, Franz Adolph de Freethal, pour
réaliser les peintures. Ce dernier suivit sans réserve la doctrine
de la nouvelle esthétique classique.
La plupart des esquisses préparatoires élaborées par Maulbertsch
et soumises à la décision de son client sont de nos jours perdues
ou non identifiées. Par tradition, on classe parmi les études
destinées à la décoration de la grande salle à manger,
deux esquisses recto verso sur le papier traitant de sujets tirés de
l'uvre d'Ovide. L'une - Diane au bain ou bien l'Education du jeune Bacchus
- se trouve dans la Osterreichische Galerie-Barockmuseum à Vienne, l'autre
- Diane et Callisto. Bien que leurs thèmes ne soient pas explicitement
mentionnés dans le programme définitif de décoration, on
ne saurait mettre en doute leur appartenance à la fresque considérée.
Le caractère un peu stylisé du mouvement des personnages prouve
l'influence incontestable de l'uvre des peintres maniéristes qui
travaillaient à Prague à la cour de Rodolphe II. D'autres motifs
trahissent le retentissement indubitable de différentes oeuvres de Rubens,
Johan Liss, Carlo Marratta, Carlo Carlone ou Paul Troger.