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Josef Winterhalder l'Ancien Saint Joachim
Dessin à
la plume |
Au début des années 1740,
peu après son voyage à Dresde où il avait étudié
l'uvre du sculpteur Balthazar Permoser (1651-1732), Joséf Winterhalder
l'Ancien reçut une commande importante de Leopold comte de Keufstein,
propriétaire du domaine Nàmés nad Oslavou et admirateur
de ses travaux. Dans les années 1740-1744, il exécuta, entre autres,
le vaste ensemble de vingt statues, plus grandes que nature, représentant
les saints, saintes et anges placés sur le pont franchissant la rivière
Oslava construit en 1737. Winterhalder invita le sculpteur Alexander Jelinek
à participer à cette vaste et difficile commande.
Membre d'une grande famille de sculpteurs travaillant surtout en Bohême
de l'Est, celui-ci réalisa une partie de la décoration sculpturale
probablement d'après les modèles de Winterhalder qui sont perdus
de nos jours. Il s'agissait sans doute d'une commande prestigieuse, car elle
est explicitement mentionnée dans les biographies du sculpteur écrites
vers la fin du XVIIIe siècle par Andreas Schweigl (1735-1812), sculpteur
de Brno et Jan Petr Cerroni, hisoriographe qui s'appuie sur le témoignage
du neveu de Winterhalder l'Ancien, Josef Winterhalder le Jeune (1743-1807).
Cerroni situe la naissance de la galerie des statues en 1743.
La Galerie de Moravie abrite dans sa collection trois dessins liés à
cette commande. Ils représentent saint Joachim, saint André et
l'archange saint Michel. Il s'agit d'exemples du dessin baroque réalisé
par un sculpteur qui laisse s'imposer son sens de la peinture. Ils témoignent
du rôle essentiel du peintre Paul Troger, son ami et tuteur, dans la formation
du style de dessin de Winterhalder. Les personnages allongés, dont la
silhouette est cambrée en forme de S, avec une petite tête, sont
esquissés à l'aide d'une ligne de contour légère.
Le sculpteur-peintre place au centre de son intérêt le modelage
des volumes du corps et le rendu fidèle des draperies. Pour cela, il
use du système des hachures parallèles ou croisées qui
changent de densité et d'intensité. Ces moyens graphiques utilisés
avec virtuosité permettent au sculpteur de bien traduire la mollesse
de la draperie qui retombe librement jusqu'à terre. La comparaison avec
les dessins de Paul Troger permet cependant de constater que "le sillonnement
de hachures de Wintherhalder reste plus méticuleux, réfléchi,
peu décontracté, donc plus strict dans la répartition intérieure
de la forme".
Le rôle de ces dessins reste inconnu. Il s'agirait probablement plutôt
de prises de notes picturales (ricorda) des sculptures déjà terminées
qui seraient utilisées plus tard pour d'autres travaux réalisés
dans l'atelier, que d'ébauches ou dessins préparatoires pour le
contrat.