|
Andreas Schweigl Saint Constantin |
Les deux statues de Ste. Hélène
et St.Constantin décoraient le maître-autel dans l'église
de pèlerinage à Cvilin près de Krnov, bâtie grâce
aux soins du couvent des frères mineurs établis à Krnov
en Silésie. L'église fut achevée en 1728 et consacrée
en 1731. Le tabernacle au tableau de la Vierge-Marie-des-Douleurs, objet de
vénération, était adoré par des anges et par deux
saints, situés chacun à côté des colonnes, sainte
Hélène et saint Constantin, étroitement liés à
l'événement de la découverte de la croix du christ et de
sa glorification.
Les figures se distinguent par le caractère noble et solennel que souligne
toute la composition, équilibrée et harmonieuse. Le contour de
la sainte, légèrement raide et penchée en arrière,
est ferme, tandis que son homologue se caractérise par un contrapposto
et un mouvement du bras droit plus développés dans l'espace. La
clarté de ces deux figures leur donne une lumière particulière.
L'intention du sculpteur n'est pas voilée par le traitement de surface
du bois, léger et détaillé, dont Schweigl sut se servir.
L'habit de chaque personnage est mis en relief notamment par les longues rayures
au ciseau, serrées et verticales, peu profondes, par les franges aux
bords de l'habit et par d'autres éléments ornementaux que le sculpteur
utilisa abondamment. Sainte Hélène fut primitivement ceinte d'une
couronne royale, et un collier de fleurs décorait sa nuque. Saint Constantin,
en habit militaire de style antique, est coiffé d'un casque au plumet
aérien, le corps enserré de chaînes, les chaussures décorées
d'ornements.
Le raffinement des deux statues se manifeste aussi dans la morphologie de leurs
visages stylisés, dans leur physionomie un peu réservée.
Toute la conception des statues, exploitant le détail sculpté
avant tout, invite à supposer qu'en les créant, Andreas Schweigl
prit pour point de départ des modèles ou bien des bozetti de son
père, Anton Schweigl (1695-1761), et qu'il profita de l'expérience
de ce dernier.