Francesco di Stefano dit Pesellino
Florence, 1422 - 1457

Etudes de draperie : un moine,
une femme. Tête de femme
Pointe d'argent, rehauts de blanc
sur papier préparé rose
14,7 x 17,6 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794

Cette feuille appartenait au même montage que l'oeuvre précédente. Sa méthode de montage, son agrandissement et surtout le parfait raccordement des deux cadres dessinés l'attestent. Pour des raisons inconnues, sans doute au XVIIIe siècle, elles ont été dissociées et remontées sur des feuillets séparés avec bandes de couleur et filets à la plume. Selon Degenhart - Schmitt et Ragghianti Collobi l'annotation lisible dans l'encadrement serait de la main de Crozat.

L'attribution de cette oeuvre nous plonge dans un délicat problème d'interprétation. En 1938, Berenson intègre cette feuille au corpus de Granacci, il s'agit pour lui d'un dessin d'après les fresques de Filippo Lippi à la cathédrale de Prato. En 1961, ce même historien donne ces études à Filippo Lippi lui-même, et les considère comme des études préparatoires de ces mêmes fresques sans préciser de quelles figures il s'agit.

Degenhart et Schmitt reconsidèrent le problème avec soin (1968) et pour eux le dessin est nettement proche de Lippi mais les figures sont à rapprocher d'oeuvres exécutées indubitablement par Pesellino, notamment la prédelle de la pala de Santa Croce (aujourd'hui aux Offices, vers 1445) où apparaissent des têtes identiques à la petite tête de femme de profil, de notre dessin. La figure du moine qui retient un pan de son vêtement est typique de Pesellino et se retrouve dans la prédelle de l'Accademia Carrara à Bergame. Selon ces mêmes auteurs, l'étude de femme se retrouve dans le Miracle d'Antonio des Offices.

En fonction de ces rapprochements avec des oeuvres peintes, on peut avancer une datation vers 1445.

P.R.