Domenico Bigordi dit Ghirlandaio
Florence, 1449 - 1494

Femme vue de dos, draperie
Pointe d'argent, lavis brun,
rehauts de gouache blanche
sur fond préparé rose
27,3 x 11,8 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794

L'excellent état de conservation de cette feuille permet de mesurer dans toute sa force le puissant effet plastique de la draperie traitée en volume, à la façon d'un sculpteur, au moyen de plis saillants et profonds. L'impression de vie et de mouvement est suggérée par le hanchement de la figure et l'indication de mouvement des pieds. Les moyens utilisés pour traduire ces effets sont ceux d'un dessinateur qui travaille à la pointe de métal sur une carta tinta rose vif, mais aussi ceux d'un peintre qui rehausse avec une gouache blanche abondante des volumes ainsi vigoureusement mis en lumière. Une telle technique n'est pas propre à l'artiste, nous la retrouvons chez Filippo Lippi, Verrocchio et Botticelli.

Cette étude fut donnée à Domenico Ghirlandaio pour la première fois par Berenson (1933) et rapprochée de deux figures que l'on observe dans deux fresques du maître : la première dans l'Appel des Apôtres (1481-1482), dans la femme le plus à gauche, et la seconde, avec quelques légères modifications, dans l'avant dernière femme à gauche du Sermon de saint Jean-Baptiste à S. Maria Novella de Florence (achevé en 1490).

Pour J.K. Cadogan (1983) le dessin de Rennes appartient au groupe des six études de drapés de Ghirlandaio datant des deux dernières décennies du XVe siècle et conservées dans une collection privée, aux Offices, à Budapest et à Lille ; les deux dernières (Budapest, Musée des Beaux-Arts, inv. 1769 et Lille, Musée des Beaux-Arts, inv. 231) sont voisines et peuvent dater du début des années 1480. Elles sont toutes sur papier préparé rose avec rehauts de gouache blanche. Selon cet historien, l'étude de Rennes serait la plus ancienne et révèle une technique que le peintre va utiliser toute sa vie : l'étude de draperie sur mannequin, procédé que l'on peut supposer, compte tenu de l'absence de tête figurée.

Pour L. Ragghianti Collobi (1974) l'annotation Dom Girlan est de la main même de Vasari donnant ainsi à notre feuille une provenance des plus illustres.

P.R.