Léonard de Vinci
Vinci, 1452 - Cloux, 1519

Figure debout, drapée,
vue de face

Pinceau et tempera grise,
rehauts deblanc sur toile
préparée grise. Indication de
la tête, du pied gauche et
du bas du vêtement
à la pointe du pinceau
28,3 x 21 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794

"II étudiait beaucoup sur nature et il lui arrivait de fabriquer des modèles en terre glaise, sur lesquels il plaçait des étoffes mouillées, enduites de terre, qu'il s'appliquait ensuite à peindre patiemment sur des toiles très fines ou des lins préparés. II obtenait ainsi en noir et blanc à la pointe du pinceau des effets merveilleux". Ce texte célèbre de Vasari (1568) est à l'origine de l'attribution à Léonard d'un groupe d'études de draperies, réparti entre Paris, Londres, Berlin, Princeton, Florence et Rennes.

Ces seize oeuvres ont en commun leur technique et leur but : "la recherche de Léonard porte simultanément sur la texture de la matière, sa pesanteur ou sa légèreté et sur la distribution de la lumière". (Viatte, 1989). Ces études sont généralement datées de la jeunesse florentine de l'artiste, bien que Carlo Pedretti ait finement proposé une datation proche de celle de la première Vierge aux rochers (Paris, Louvre), vers 1483 (Pedretti, 1989). On connaît d'autres études de draperies d'artistes florentins, qui datent généralement des années 1470-80, mais dans aucune l'analyse des reflets de lumière n'est aussi poussée. Ces petits monochromes ont-ils suivi Léonard dans ses déplacements ? En tout cas ce genre d'exercice devait faire partie de son enseignement, comme en témoignent deux dessins de Marco d'Oggiono, où l'artiste n'étudie que le drapé, laissant en réserve les formes extérieures (Londres, British Museum, 18959-15-485 ; Berlin, Kupferstischkabinett).

L'origine de ces draperies de Léonard est inconnue. Certaines, aujourd'hui à Florence, ont appartenu à Vasari. D'autres se trouvaient à Paris au XVIIIe siècle, chez Crozat. Elles furent acquises à sa vente en 1741 par Nourri, qui en revendit deux à Christophe Paul de Robien. La draperie présentée ici dans le numéro 8 a parfois été retirée à Léonard, au profit de Tommaso ou de Verrocchio. La récente exposition (Paris, 1989-90), qui regroupait la quasi-totalité de ce groupe d'études a bien montré qu'elles sont toutes de la même main, indéniablement celle qui a peint l'ange au premier plan du Baptême du Christ de Verrocchio (Florence, Offices), c'est-à-dire, selon la tradition, Léonard.

J.C.B.