Giovanni Agostino da Lodi
Actif en Lombardie et Vénétie
de 1490 à 1520 environ

Ange de l'Annonciation (recto)
Femme en buste
vue de profil (verso)

Pierre noire
27 x 19,5 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794

Müntz avait déjà compris en 1899 que ce dessin ne pouvait être de Pinturricchio. II a pourtant fallu attendre 1938 et Ragghianti pour qu'il retrouve sa véritable paternité que seule Luisa Cogliati Arano nie, au profit d'Andrea Solario.

Ce dessin, longtemps le seul connu de l'artiste, demeure l'un des plus importants de son corpus graphique, riche d'une vingtaine de feuilles. Ragghianti étayait son attribution sur le rapprochement avec un tableau de la Gemäldegalerie de Berlin, l'Ange de l'Annonciation, qui provient de l'église San Basegio de Venise. La critique a depuis relevé les nombreuses variantes entre ces deux oeuvres, et tout récemment Maria Teresa Fiorio a remarqué l'exacte correspondance entre le dessin et l'ange de l'Annonciation dans la pala peinte en 1519 par Giovanni Antonio de Lagaia qui se trouve au Collegio Papio d'Ascona. Ce tableau fournit donc une limite pour la datation du dessin. Lucia Simonetto (1988) le rapproche du tableau Marthe et Madeleine (Vérone, Museo di Castelvecchio) qu'elle date vers 1512, relevant dans l'ampleur des formes une influence des œuvres contemporaines de Bramantino. Une datation à la fin du Quattrocento, à l'époque du tableau de Berlin ou du Lavement de pieds, daté 1500 (Venise, Accademia) semble plus probable.

On remarque dans le traitement du drapé de ces œuvres une abondance de plis cassés semblables à ceux du dessin, qui disparaissent dans les œuvres postérieures. De cette même époque datent les deux dessins de la collection Scholz à NewYork : Tête de jeune homme, Tête de vieillard barbu, que Lucia Simonetto met en relation avec le Lavement de pieds. Les modèles de ces dessins sont les mêmes que ceux de l'Ange de Berlin et du Saint Jean Evangéliste peint au revers. Il a sans doute existé une Annonciation de Giovanni Agostino da Lodi aujourd'hui perdue, dont le souvenir nous est conservé par le tableau de Lagaia et dont on peut également trouver un reflet dans l'Annonciation de Bernardino de Conti à Santa Maria del Sasso de Locarno, peinte vers 1502, et pour laquelle le dessin de Rennes serait une étude.

La Tête de femme au verso (il s'agit en fait d'un autre dessin collé), nous parait également de Giovanni Agostino da Lodi. Au Louvre est conservé une Tête de bébé (inv. 2578) que l'on peut rattacher à la Vierge à l'Enfant et deux donateurs (Naples, Capodimonte) que Simonetto date avant 1500. Ce dessin est, avec la feuille de Rennes, le seul exemple de pierre noire dans l'œuvre de Giovanni Agostino da Lodi dont tous les autres dessins sont exécutés à la sanguine.

J.C.B.

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