Antonio Allegri
dit Corrège
Corregio, 1489/94 - 1534

Saint Marc
Plume, pierre noire, rehauts de blanc. Mis au carreau à la pierre noire
12,2 x 18,3 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794

Ce dessin fut attribué à Federico Zuccaro jusqu'en 1977, date à laquelle il fut établi que Corrège en était l'auteur. Cette paternité est acceptée par Cecil Gould, Degrazia et Giampolo. Il existe des dessins comparables, au Louvre par exemple. Ce sont des études du pendentif de Saint Marc et Saint Grégoire pour l'église S. Giovanni Evangelista de Parme ; à Francfort aussi, où l'on peut voir le petit croquis qui est une étude d'un Prophète figurant dans la frise de la nef de cette même église à Parme ; et enfin, dans le transept nord de cette église, une lunette de dessus de porte représentant Saint Jean l'Evangéliste, de dimension réduite, présente une très grande analogie de composition et de forme avec le dessin de Rennes. Il semble donc raisonnable de dater ce dessin à la période des décorations de S. Giovanni Evangelista, c'est-à-dire au début des années 1520.

La mise au carreau suggère qu'il s'agit d'un dessin de travail (comme, à vrai dire, la plupart des dessins de Corrège) mais sa fonction reste obscure. La ligne horizontale accentuée à la base de la composition et l'absence du compagnon Docteur de l'Église, alors même qu'il s'agit, de toute évidence, d'une composition achevée, excluent toute possibilité de rapprocher ce dessin d'un pendentif. Il est également peu probable que ce soit une solution de remplacement pour la lunette du transept nord : une représentation isolée de saint Jean l'Evangéliste est logique dans une église qui lui est consacrée mais il n'y a aucune raison de représenter tout autre Evangéliste.

De plus, la perspective de la lunette est différente : saint Jean est vu par en-dessous, légèrement rapetissé, alors que saint Marc est vu à hauteur des yeux. La pose du personnage est semblable à celle des prophètes figurant sur la frise de chaque côté de la nef, et la perspective en est très proche. Si ce dessin a un rapport avec S. Giovanni Evangelista, on peut avancer l'hypothèse qu'il représente une étape, inconnue par ailleurs, dans l'évolution du projet qui devait inclure les évangélistes dans les frises.

J.G.