Baccio
Bandinelli
Florence, 1493 - 1560 Marie l'Egyptienne (ou Marie-Madeleine) Plume et encre brune 36,9 x 21,9 cm Saisie révolutionnaire (collection Robien) 1794 |
Le rapport entre le dessin de Rennes et celui du musée soviétique avait déjà été souligné par Patrick Ramade et est évident tant au niveau du style que de la technique. Si la chronologie de l'uvre dessinée de Baccio Bandinelli n'est pas encore aisée, il est toutefois possible de discerner des groupes d'oeuvres. Autour du Christ de douleur du Musée Pouchkine, on peut rassembler plusieurs dessins à la plume qui proposent diverses solutions pour les mêmes motifs. Ainsi, la figure du Christ se retrouve isolée dans un dessin représentant saint Jérôme connu par une grand nombre de copies. (Chatsworth ; Oxford, Christ Church, n° 0347 ; Londres, British Museum, n° 1946-7-13-260 ; Moscou, Musée Pouchkine, n° 13332 ; Paris, Musée du Louvre, inv. 145). Les figures des vieillards sont de même réinterprétées dans une série de dessins représentant des personnages à l'étude ou en méditation (cf. Rome, Farnésine FC 124258 ou Florence, Offices n° 513F, 507E et 508F) qui annoncent la gravure célèbre de l'atelier de l'artiste. Ainsi, il faut considérer le dessin de Rennes comme contemporain de celui de Moscou. Bandinelli reprend le personnage de la Madeleine, créant une composition indépendante. Cette répétition des motifs a pour origine des raisons commerciales : grâce au "Memoriale" de l'artiste nous savons que de son vivant ses oeuvres étaient recherchées dans toutes les cours d'Europe. Ainsi s'explique que de nombreuses feuilles de Bandinelli ne soient pas préparatoires pour des oeuvres connues, étant destinées seulement à être vendues ou parfois gravées ; Bandinelli était un des premiers florentins, si ce n'est le premier, à donner des dessins aux graveurs. La technique des dessins ici cités rappelle celle de la gravure ; Bandinelli a sans doute connu très tôt celles de Dürer dont il s'inspire visiblement. Ph.C. | |||