Tommaso Manzuoli
dit Maso da San Friano
Florence, 1531 - 1571

Groupe de personnages
Pierre noire
21,7 x 16,4 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794
Si elle ne présente aucun rapport avec le sculpteur Niccolà Tribolo, auquel elle était traditionnellement attribuée, cette étude pittoresque est en effet l'œuvre d'un artiste florentin qui fut aussi au service de Cosme Ier de Médicis. Le nom de Maso da San Friano, avancé indépendamment par S. Béguin et J.C. Baudequin (note sur le montage), est confirmé par la comparaison avec les dessins de l'artiste au Louvre et au musée des Offices. Dans la partie droite de son tableau le plus connu, La Mine de Diamants (Florence, Palazzo Vecchio, Studiolo ; 1570-1571), Maso plaça un groupe d'hommes coiffés de turbans, vêtus de longues robes, auxquels ces figures exotiques font penser. Mais leur apparence un peu grimaçante, l'extravagance plus détaillée des vêtements, l'accentuation des traits des visages, aux nez marqués, un certain archaïsme même, laissent penser que le dessinateur s'appuya sur des gravures nordiques, probablement celles de Lucas de Leyde, très populaires à Florence, depuis le début du siècle .

Le costume du soldat de face, portant à ses côtés un objet qui pourrait être un carquois orné, comporte une casaque à brandebourgs qui pourrait être un écho de la mode hongroise, introduite à Florence à la suite du voyage d'Hypolite de Médicis en Hongrie (1532). Cet épisode diplomatique fut relaté dans une peinture du Palazzo Vecchio (Salle de Clément VII, 1556-1562). Le traitement par hachures serrées, régulières, tout en étant plus appuyé que dans la plupart des dessins de l'artiste, peut être comparé, à titre d'exemple, au tracé de l'étude pour la figure penchée, au fond de la Mine de Diamants (localisation inconnue) et de deux saints qui encadrent la Crucifixion de la collection Sonnenschen, qui doit lui être rendu.

C.M.G.