Alessandro Allori
Florence, 1535 -
1607

Homme nu allongé vu de dos
Pierre noire
26,3 x 43,3 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794
L'attribution à Bronzino reportée dans les catalogues du musée et modifiée pour celle en faveur d'Allori est liée à l'inscription ancienne lisible sur la feuille. Quoique sans lien de parenté avec son maître Bronzino, Alessandro Allori adopte son style ainsi que son nom qu'il ajoute parfois au sien dans la signature de ses oeuvres. Stylistiquement, c'est de cette époque d'apprentissage auprès de Bronzino qu'il faut dater le dessin de Rennes. Il peut plus spécifiquement être rapproché d'une feuille conservée aux Offices n° 15390F), attribuée à l'artiste par A.M. Petrioli Tofani ; cette évidente étude pour un autoportrait montre de la part de l'artiste un intérêt pour les recherches anatomiques qu'Allori développe déjà très jeune à Florence auprès de Bronzino et Pontormo.

Dans le dessin de Rennes, il reprend les figures michelangelesques que Pontormo aidé de Bronzino représentait sur les murs des "loggia" des villas Médicis de Carreggi et Castello ou le choeur de l'église de San Lorenzo, fresques détruites mais connues par de nombreux dessins. L'étude poussée de l'anatomie que pratiquait Pontormo était familière au jeune Alessandro qui, comme en témoigne le "Diario" de Pontormo, se rendait régulièrement chez le vieux maître pendant les années 1555-1556, époque à laquelle doit être daté le dessin de Rennes. Imprégné de ces recherches, il les théorise dans le traité "della Regola del disegno" dont la première version était déjà rédigée en 1560.

A son retour de Rome en 1560, Alessandro exécute sa première oeuvre importante : la chapelle Montauto à l'Annunziata. Pour la fresque représentant les Marchands chassés du Temple, il réutilise le dessin aujourd'hui à Rennes. Effectivement, par rapport au modello conservé au Louvre, apparaît dans l'œuvre achevée une figure supplémentaire d'un homme nu étendu ; se servant d'un dessin déjà ancien, Allori comble ainsi un vide gênant. II existe pour la même fresque deux autres dessins au musée de Lille (inv. pl. 99 et pl. 100 et inv. pl. 83) et un aux Offices (n° 10221F).

Ph.C.