Girolamo Macchietti
Florence, 1535 -
1592

Vieillard barbu assis
Sanguine et rehauts de blanc
sur papier préparé rose
12 x 17,7 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794
Malgré l'inscription au revers, ce dessin n'est rapproché de l'école florentine que par Jacob Beau qui dans une lettre adressée au Musée (1er déc. 1958) attribue la feuille à Girolamo Macchietti et la met en rapport avec le panneau des Thermes de Pozzuoli du "Studiolo" du Palazzo Vecchio de Florence, attribution confirmée par Sylvie Béguin. L'oeuvre, publiée pour la première fois par Catherine Monbeig Goguel, fait partie d'un important groupe de dessins à la sanguine préparatoire au tableau et dispersé entre les cabinets des dessins des Offices (n° 17595F, 6415F, 1213F, 6414F) et du Louvre (inv. 8819 et inv. 13717). De ce groupe publié par Marcucci et Pouncey faisait également partie un autre dessin du Louvre (inv. 10916) récemment identifié par Marta Privitera (1990) comme préparatoire à une des figures penchée à la balustrade visible dans le fond du Martyre de Saint Laurent de l'église Santa Maria Novella de Florence. De même, le dessin D683 de la National Gallery of Scotland, qu'Andrews rapprochait du panneau du "Studiolo", est considéré par Privitera comme une étude pour la Vierge de l'Adoration des Mages de San Lorenzo.

Dans le programme extrêmement complexe et raffiné du "Studiolo", élaboré par don Vicenzo Borghini, le panneau de Macchietti est décrit par celui-ci comme "acque di bagni salubri che risponda alle medicine" ; il est identifié avec la source napolitaine grâce à Raffaello Borghini (1584) qui mentionne dans la vie de l'artiste les "Bagni di Pozzuolo", lieu connu depuis l'antiquité et dont Pline exposait déjà la qualité des eaux qui soulageaient les rhumatismes. Par ce sujet, Vicenzo Borghini célébrait la Médecine, symbolisée par la statue d'Esculape. Une allusion aux vertus de la mère du Grand Duc Francesco ler , Eleonora di Toledo, originaire de Naples, n'est pas à exclure.

Comme l'a déjà souligné Philip Pouncey, les sanguines de Macchietti, préparatoires pour le "Studiolo", s'inscrivent dans un courant naturaliste qui à Florence trouve son origine chez Pontormo et se développe au XVIe siècle jusqu'à Jacopo da Empoli.

Ph.C.