Bernardino Poccetti
Florence, 1548 -
1612


Homme nu assis vu de dos (recto)
Pierre noire, sanguine, craie
blanche sur papier bleu jauni
27,8 x 22 cm
Deux études (verso)
Pierre noire


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794

Les dessins sont pour Poccetti de véritables instruments de la création, et ils sont presque toujours liés à des figures précises de ses fresques. Il subit fortement l'ascendant d'Alessandro Allori, qui, après la mort de Bronzino, en 1572, et celle de Vasari, en 1574, resta à Florence l'artiste le plus en vogue. Andrea del Sarto fut pour lui un autre point de référence constant, et son influence est très présente dans cette étude de nu, aux accents légèrement anguleux et aux contours coupés avec netteté. On retrouve ces caractères dans l'un des rares dessins de l'artiste conservé dans un musée français, hors du Louvre l'Étude d'homme nu couché, vu de dos, avec plusieurs repentirs de bras, de mains et d'une tête (Besançon, Musée des Beaux-Arts, inv. D. 1937), qui est un original de sa main, également à la pierre noire.

De telles figures apparaissent fréquemment au premier plan des compositions monumentales, depuis celle de la Visitation, au plafond de la Chartreuse de Pontignano (Sienne ; troisième voussure), jusqu'à celle de la Sala di Bona, au Palais Pitti. Vues en raccourci, dans un mouvement de torsion, qui ne force pas la pose, elles font partie du vocabulaire de scansion et servent à introduire le spectateur. En 1538, Jacopino del Conte, un des peintres florentins actifs à Rome aux côtés de Francesco Salviati, dans la fresque de la Prédication de Saint Jean-Baptiste, du cycle de l'oratoire de San Giovanni Decollato, avait déjà eu recours à une figure dans la même pose. La similitude dans la représentation de la position de la main d'appui est telle qu'on serait tenté d'y voir un emprunt direct.

C.M.G.