Jacopo Chimenti
dit
Jacopo da Empoli
Florence, 1551 - 1640
Jeune homme vu à mi-corps,
tenant une corbeille
Sanguine
21,3 x 17 cm
Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794
De telles figures, vues à mi-corps, apparaissent souvent à l'arrière plan des compositions des artistes florentins de l'époque de Lodovico Cigoli, Agostino Ciampelli ou Jacopo da Empoli, qui tous se référèrent d'une manière ou d'une autre à Andrea del Sarto, nom qui figure sur le dessin. Observées directement d'après le modèle, selon la méthode d'Andrea, au début du siècle, et campées sur le papier avec exactitude, mais à grands traits, elles deviennent, dans les peintures, des personnages qui animent les compositions, comme des acteurs secondaires, mais indispensables à la tonalité générale de la scène.
Chez Empoli, auquel le dessin peut être donné de manière vraisemblable, on note ainsi la figure du jeune garçon présentant la couronne, au second plan de l'un des tableaux les plus célèbres du maître florentin,
Saint Eloi recevant le roi Clovis
(Florence, musée des Offices, couloir vasarien ; Marabottini, 1988, n° 75), peinte en 1614.
La simplicité et la clarté de la forme, la précision dans la représentation de la grande corbeille, sont liées au naturalisme qui est un des caractères les plus attachants du peintre, célèbre pour ses natures mortes, dans les années 1620-1630. Il se rapproche par là des Bolonais. La manière de fixer les ombres par de grandes hachures rappelle celle de Baccio Bandinelli, souvent attiré par la représentation des modèles pris dans la vie quotidienne, observés à contre-jour, comme ici. Presque trois générations séparent cependant les deux artistes florentins. De nombreux dessins (musée des Offices, Louvre) présentent les mêmes caractéristiques.
C.M.G.
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