Giovan Battista della Rovere
dit Il Fiammenghino
Milan, 1561 - 1630 (?)

Départ de Rébecca
Plume et encre brune, lavis brun.
Collé en plein sur un montage de
papier beige avec filets à la plume
21 x 28,7 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794
Attribué au Fiammenghino par Walter Vitzthum ce dessin n'avait auparavant aucune référence précise. C'est à Philip Pouncey que revient le mérite d'avoir éclairci le problème relatif aux dessins paraphés par Giovan Battista della Rovere, qui dans le passé, furent confondus avec ceux de Giovan Battista Ricci, un artiste originaire de Novare. Cet éclaircissement permit donc une meilleure compréhension de la production graphique de l'artiste milanais, qui est encore très souvent confondue avec celle de son jeune frère Giovan Mauro.
Si la distinction entre les mains des deux frères reste plutôt ardue à établir dans leurs réalisations picturales communes, en revanche les dessins paraphés et très souvent datés nous aident beaucoup à identifier la production graphique de Giovan Battista parce qu'ils permettent également d'établir une suite chronologique fiable.

Le Départ de Rébecca en particulier, bien que n'étant lié à aucune peinture connue, me semble-t-il, met clairement en évidence le style de Giovan Battista dans la dernière décennie du XVIe siècle. Les affinités sont en effet nombreuses avec les dessins de l'Accademia de Venise, datés entre 1597 et 1600 : la Rencontre d'Anne et de Joachim, la Résurrection et la Pentecôte, Saint Denis bénisseur, le Martyr d'une sainte, ou avec l'Annonce à Joachim de la galerie d'Este de Modène ; mais on rencontre également des analogies avec des dessins plus anciens, comme la Crémation du corps de saint Jean-Baptiste au château de Windsor, ce dessin est lui-même en relation avec les fresques de 1586 du Dôme de Monza.

En outre, d'autres comparaisons peuvent être tentées avec des dessins moins connus, comme Saint François et le loup de Gubbio de Toronto (Art Gallery d'Ontario, 67/9) ou le Christ et le paralytique de Copenhague (Statens Museum For Kunst, Mag. XI R/14). Parmi les essais les plus convaincants de l'aîné des Fiammenghini, notre dessin semble être, sans doute, à retenir comme une œuvre indépendante, d'une grande qualité de fini et de perfection. II est proche stylistiquement d'une phase particulière de l'art milanais dans lequel se mêlent les motifs du maniérisme crémonais des Campi et du Malosso, et des éléments de culture du centre de l'Italie, de Pellegrino Tibaldi à Federico Zuccaro.

M.T.