Alessandro Algardi
Bologne, 1595 - Rome, 1654
Pan et Syrinx
Plume et encre brune
14,5 x 21,8 cm
Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794
Reconnu dès 1963 par Walter Vitzthum, dans son article fondamental sur les dessins de l'Algarde, comme un dessin caractéristique du sculpteur, l'uvre fut ensuite admise sans réserve par la critique.
Cette feuille frappe immédiatement par son aspect de premier jet et ce graphisme rapide qui isole les figures par des traits de plume courts et nerveux. Le modelé est à peine suggéré par quelques petits traits parallèles et la figuration de l'espace réduite à l'essentiel : des lignes courbes et souples qui suffisent à indiquer les roseaux en lesquels la nymphe va se métamorphoser.
La composition peut étonner par sa simplicité et son caractère synthétique. Les trois protagonistes de l'action se trouvent en effet juxtaposés sur le même plan, à la façon d'un bas-relief. Nous observons de gauche à droite la nymphe Syrinx, le dieu Pan, et une divinité fluviale symbolisant les eaux du Ladan dans lequel Syrinx va tenter de se réfugier.
Cette clarté dans l'exposition du sujet nous rappelle d'autres oeuvres du sculpteur, notamment le décor de la voûte de la Galerie d'Hercule à la Villa Doria Pamphili, en particulier un des compartiments décoré d'un bas-relief en stuc :
Le choix d'Hercule
. On y retrouve cette organisation tripartite, avec les deux allégories féminines de part et d'autre du demi-dieu ; celle de droite, courbée comme un arc et vêtue d'un drapé mouvant, rappelle le Syrinx du dessin de Rennes.
Ce bas-relief est préparé par plusieurs dessins, dont l'un au British Museum à la plume, proche de l'exécution finale en stuc et assez voisin, dans son caractère schématique et immédiat, du dessin de Rennes. Notre hypothèse qui repose sur des similitudes stylistiques et des références mythologiques voisines, suggère de voir dans cette feuille une première idée pour un bas-relief, sans suite ni réalisation connues.
P.R.
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