Giovanni Andrea Podesta
Gênes, 1608 - 1674

Etude de putti jouant et
d'un homme nu endormi
(recto)
Plume et encre brune sur
dessin à la pierre noire
31,7 x 21,7 cm
Des Bitumes (verso)
Plume et encre brune

Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794

Ce dessin, ainsi qu'un autre de Rennes, (794.1.3164, plume et lavis brun, sur sanguine portant aussi l'inscription d'Andrea Potestana) sont apparentés aux putti et au style de dessin que l'on peut voir dans d'autres endroits. Par exemple, sur une feuille de croquis de personnages qui se trouve à Edimbourg (recto/verso, National Gallery of Scotland, D717), ou dans des dessins de composition à la plume du Louvre (inv. 12620 ; 12621) ou encore dans la collection Blunt (Christie's, Londres, 18 avril 1989, Lot 75).

Le mouvement de torsion des putti, les zones d'ombre parallèles et les contours vigoureux confirment les liens de Podesta avec des artistes du cercle de Poussin (Romanelli, Grimaldi, Testa, Carpioni, Spierinks, Chapron, Duquesnoy) et rappellent les figures de sa première eau-forte reproduisant une peinture de Titien, le Culte de Vénus, eau-forte qu'il dédia à Cassiano da Pozzo en 1636. Toutefois, Blunt a rapproché les deux dessins de Rennes de la gravure de Podesta qui rend hommage à Guido Reni à travers sa dédicace et ses putti porteurs de symboles qui sont des allusions allégoriques à la vie et à la mort de Reni.

De semblables putti en train de jouer apparaissent dans trois eaux-fortes datées de 1640 et consacrées aux plaisirs du vin. Celles-ci étaient dédiées à Paolo Giordano Orsini, Prince de Bracciano, et il se peut que les personnages de ce dessin soient des études pour l'une des peintures bachiques de Podesta figurant dans les inventaires Orsini de 1655-1656. On peut aussi dater ce dessin à une époque postérieure car de semblables putti en train de grimper apparaissent dans une gravure, Partie de Pêche (?), dont l'inscription signale qu'elle fut exécutée à Rome en 1661 pour Sig. Abbata de Nizon (British Museum).

Ces personnages bachiques potelés rappellent non seulement le style cortonesque de G.M. Bottalla (voir sa frise de 1644, environ, au Palazzo Airolo Negroni à Gênes) mais aussi l'esprit lyrique et baroque de Puget, les exubérantes décorations mantouanes de Castiglione et le travail de certains artistes de la Casa Piola de Gênes, en particulier de Bartolomeo Guidobono, peintre de majolique. La précision des eaux-fortes a peut-être été inspirée par Scorza (mort en 1631) dont les gravures pourraient avoir aussi jouées un rôle important dans la maîtrise de ce mode artistique atteinte par Podesta et Castiglione.

La plupart des gravures de Podesta - à deux exceptions près - montrent des putti en train de jouer dans la campagne. La première exception est un frontispice, La Vérité aidée par la Raison, honorant la république maritime de Gênes (gravé par C. Bloemaert pour un livre de P. B. Borgo, publié à Rome en 1641, et qui était une édition révisée contenant les cartes des routes de Christophe Colomb vers le Nouveau Monde gravées par M. Orozco pour un livre de C. Sperone publié à Gênes ; la seconde exception est une gravure intitulée Miracle de la Rose. Cette gravure présente des personnages au profil classique semblable à celui de l'homme que l'on trouve sur l'autre feuille d'études de Rennes ; cette feuille montre aussi une tête d'homme barbu dont les traits rappellent ceux des visages d'un dessin à la plume du Louvre qui est attribué à Podesta (inv. 13986).

M.N.