Domenico Maria Fratta
Bologne, 1693 - 1763

Le Repos de la Sainte Famille
Plume et encre brune
20,9 x 16,3 cm


Saisie révolutionnaire
(collection Robien)
1794
Depuis longtemps, l'ancienne attribution à Gillot, dont on ignore l'origine exacte, était abandonnée au profit d'un anonymat français bien commode. En effet, si Gillot se montre parfois assez proche de l'écriture de ce dessin, il reste toujours plus anecdotique, et ne possède pas cette rigueur de composition, qui, alliée ici à un sentiment très arcadien de la nature, trahit l'origine italienne de l'artiste. Le graphisme rappelle beaucoup celui de Donato Creti, sans toutefois lui être attribuable. II s'agit plus vraisemblablement de l'œuvre d'un élève fortement marqué par le style du maître.

Deux noms sont envisageables : Ercole Graziani, qui dans ses dessins à la plume est assez proche (par exemple : Guerriers à la tombe d'un héros, Venise, Fondation Cini), ou bien Domenico Maria Fratta, dont des oeuvres ont pu être attribuées au maître. Nous préférons retenir ce deuxième nom en raison de la parenté d'écriture avec d'autres dessins, tels le Portrait du Tasse, Tancrède blessé (Milan, Brera).

Fratta montre une certaine prédilection pour les compositions très denses - arbres touffus, ciels nuageux, seconds plans chargés - que l'on retrouve dans le dessin rennais. Certaines oeuvres ont un graphisme très accentué qui les apparente à la gravure, que Fratta pratiquait occasionnellement, quand d'autres sont plus spontanées (c'est le cas ici) sans pour autant perdre l'élégance et l'équilibre de la composition. Renato Roli a consacré à Fratta une étude : "Disegni di Domenico Maria Fratta", in Scritti in onore di Ottavio Morisani où sont reproduits les dessins cités, et qui reste la base des connaissances sur cet artiste.

J.C.B.