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Georges De LA TOUR (Vic-sur-Seille, 1593 - Lunéville?, 1652)
Le Nouveau-né
Huile sur toile
76 x 91 cm
Saisie révolutionnaire, 1794

Parmi la trentaine d'oeuvres connues de Georges de La Tour, Le Nouveau-né, saisi à la Révolution chez un émigré rennais qui n'a pu être identifié jusqu'ici, est sans conteste l'une des plus célèbres.

Longtemps attribuée aux frères Le Nain, ce n'est qu'en 1915 que le critique d'art allemand Hermann Voss la confronte à deux autres tableaux et l'attribue à La Tour. Les historiens d'art redécouvrent alors le peintre de Lunéville.

La scène, d'une extrême simplicité technique et iconographique, s'inscrit par son clair-obscur, ses tons chauds et son cadre serré, dans la tradition caravagesque. Comme dans tous ses tableaux nocturnes, La Tour recherche les formes rondes et lisses. Les deux silhouettes immobiles se découpent à la lueur d'une bougie. La flamme que le personnage de gauche dissimule au spectateur renvoie une douce lumière sur le visage de l'enfant. De même, le visage de ces deux femmes, à peine éclairé, est empreint de sérénité. Leur regard se pose avec tendresse sur le petit être qui vient de naître, premier « vrai » bébé de l'histoire de la peinture. Par cette scène somme toute ordinaire, l'artiste témoigne du caractère sacré de la vie à travers le temps. Le Nouveau-né est en ce sens une oeuvre d'une extraordinaire humanité.

Nombreux sont les critiques qui ont vu dans cette femme tenant l'enfant emmailloté Marie et l'Enfant jésus. Cette ambiguïté est sans doute à même de guider le spectateur vers une véritable méditation.