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Frans SNYDERS
(Anvers, 1575 - Anvers, 1657)
Dogue blessé
Huile sur toile
77 x 46 cm
Saisie révolutionnaire (collection Robien), 1794
Aujourd'hui perçu comme un peintre animalier, Snyders fut reconnu
dès l'âge de trente ans par une notoriété
exceptionnelle. Élève de Breughel le Jeune dès
l'âge de quatorze ans, il partit en Italie à peine dix
ans plus tard comme maître et revint en 1603 à Anvers.
Il y devint membre de la Société des Romanistes, épousa
la sur des peintres Cornélis et Paul de Vos, et travailla
avec Rubens entre 1611 et 1616.
Mais sa peinture, toute pleine de garde-manger et autres débauches
alimentaires qu'appréciaient les bourgeois, n'entendait pas seulement
faire valoir un talent à représenter une grande diversité
de matériaux. L'important est ailleurs.
Les intentions morales qui organisent ses tableaux font de Snyders un
concepteur très original. Marqué par la thériophilie,
philosophie très en vogue à l'époque et défendue
par Montaigne (l'amour des animaux), Snyders met en scène des
portraits d'animaux. Considéré comme partageant de nombreuses
qualités de l'homme, l'animal n'est plus perçu par certains
comme une bête, mais comme un être de la Création
divine qui mérite respect et compassion. Car l'animal possède
une qualité que l'homme n'a pas : il ne fait que suivre les bonnes
lois de la Nature et ne fait rien par calcul.
Le type de dogue représenté est celui d'une espèce
perçue alors comme hargneuse et particulièrement vive.
L'animal est un étonnant mélange de férocité
effrayante et de souffrance : le poil dressé, montrant les crocs,
il nous jette un regard douloureux et inquiet, soulevant sa patte blessée.
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