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François
BOUCHER (Paris, 1703 - Paris, 1770)
La Mort de Méléagre
Vers 1727
Huile sur toile
45 x 63 cm
Acquis en 1998
On a reproché à Boucher (Diderot le premier) sa peinture
plaisante, trop décorative et galante pour être sincère.
Et de fait, la peinture du maître n'est souvent associée
qu'à ces plantureux et séduisants nus féminins
qu'il a décliné tout au long de sa carrière.
Mais ce serait faire injure en particulier à ses productions
de jeunesse, fines, et pleines d'originalités, que de passer
sur l'incroyable énergie maîtrisée avec laquelle
il a réalisé une série d'esquisses dont celle-ci,
peu avant son voyage pour Rome. La Mort de Méléagre
raconte la destinée tragique d'un héros comme la mythologie
Grecque les aime (Iliade, IX, 430 - 605). Pour débarrasser
la ville de Calydon d'un sanglier furieux, le jeune guerrier réunit
les meilleurs chasseurs dont la belle Atalante. Épris de la chasseresse,
il lui offre la hure de l'animal, ce qui l'oppose à ses oncles
maternels qu'il tue. Bouleversée par l'affront et la douleur,
sa propre mère jette alors au feu un tison magique auquel le
destin de Méléagre est lié.
La scène représente le moment où, une fois le tison
consumé, le malheureux héros succombe, soutenu par ses
proches bouleversés, tandis que sur la droite, Atalante, magnifique
figure de sensualité et de naturel, défaille de douleur
et de chagrin. Le tour de force de l'artiste est d'avoir établi
un lien fort entre les deux sujets du tableau, Méléagre
et Atalante, à la fois par la thématique complémentaire
de la douleur et une audacieuse composition en triangle inversé.
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