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Pablo
PICASSO (Malaga, 1881 - Mougins, 1973)
Nu à mi-corps (© Succession Picasso 2003)
1923
Huile sur toile
100 x 80 cm
Dépôt du Musée national d'Art moderne, 1998
Dans l'uvre aux mille visages de Picasso, la production des années
vingt occupe une place à part, à la manière d'une
respiration, d'un calme entre les deux tempêtes picturales que sont
le cubisme et le surréalisme. Cette période dite "néoclassique",
qui s'étend de 1917 à 1925, voit le retour à une
figuration traditionnelle, enrichie néanmoins des libertés
conquises par le cubisme. Influencées par l'Antiquité classique,
que Picasso redécouvre lors de son séjour à Rome
en 1917, alors qu'il travaille avec la troupe des Ballets russes, les
uvres de cette époque multiplient les visages de femmes aux
formes puissantes. D'autres images, plus domestiques, montrent comme dans
ce Nu à mi-corps, une femme aux traits classiques, à
la longue chevelure, tantôt relevée, tantôt ramenée
avec élégance sur le sommet du crâne. Derrière
ces visages, se cache Olga Kokhlova, une danseuse des Ballets russes,
qu'il épouse en 1918. Même si le Nu à mi-corps n'est pas à proprement parler un portrait d'Olga, il lui emprunte
ses formes pleines de danseuse et ses traits réguliers. Mais Picasso
gomme l'anecdote, pour faire de cette odalisque un archétype de
la femme. Dans cette huile traitée à la manière d'une
esquisse à la sanguine, Picasso découpe les contours à
grands traits, ombre les volumes, et ne retient pour le visage que quelques
touches essentielles, qui font de cette uvre une épure. |
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