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Raymond
HAINS (Saint-Brieuc, 1926 - Paris, 2005)
Affiches lacérées sur tôle
1959
Affiches lacérées sur tôle
100 x 100 cm
Acquis en 1990
Breton d'origine, Raymond Hains découvre en 1949, avec son ami
et compatriote Villeglé, le pouvoir suggestif des affiches lacérées.
Las des techniques traditionnelles de la peinture, tous deux inventent
un nouveau mode de production artistique, qui n'est pas sans évoquer
la démarche de Marcel Duchamp. En effet, les affichistes prélèvent
dans l'univers urbain des oeuvres « toutes faites », des affiches
déchirées par des mains anonymes. Choisis et recadrés
par l'artiste, ces fragments du réel s'élèvent alors
au rang d'oeuvres d'art.
C'est en 1957 que Raymond Hains déniche, dans les entrepôts
Bompaire à Paris, une série de panneaux de tôle galvanisée,
rouillée et recouverte d'une multitude de couches d'affiches maltraitées
par les intempéries. Datée de 1959, c'est donc à
sa période de « tôlard », comme l'appelle Hains,
qu'appartient l'oeuvre du musée. Les caractéristiques plastiques
de ces tôles, où l'affiche n'est présente que par
lambeaux, les rapprochent en apparence des peintures abstraites lyriques
si prisées dans les années cinquante. On y retrouve un même
souci de la matière riche, un goût pour une abstraction hasardeuse,
où les formes, les couleurs organisent la surface sans aucun schéma
géométrique. « Mes uvres existaient avant moi,
mais on ne les voyait pas parce qu'elles crevaient les yeux », dit-il.
On reconnaît là le goût de Raymond Hains pour une certaine
provocation, qui se traduit entre autres, depuis 1963, par un recours
aux jeux de mots, aux bouts-rimés et autres calembours.
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