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La collection de peintures du XIXe siècle peut sembler relativement modeste, si on la compare avec celle du XVIIe siècle. Riche de plus de trois cents oeuvres, elle doit beaucoup aux envois faits par l'État, durant tout le XIXe siècle, d'oeuvres acquises aux Salons pour les musées de province. La collection montre ainsi un panorama fidèle des différents courants de la peinture d'histoire, genre privilégié des peintres admis au Salon. Quelques dons et achats ont depuis tenté de rééquilibrer cet ensemble. Le néoclassicisme trouve dans la figure d'Amaury-Duval, élève d'Ingres, une illustration convaincante, à travers trois oeuvres données en partie par l'artiste. Le romantisme, quasi absent des collections, est magnifiquement illustré par le récent achat du chef-d'œuvre de Léon Cogniet, exposé au Salon de 1824. Du courant « troubadour » aux « pompiers » représentés par quelques tableaux savoureux, la peinture narrative s'impose difficilement et souffre de l'absence de grands noms.
L'évolution des conquêtes progressives de la modernité est en revanche assez généreusement montrée grâce à des oeuvres majeures de Jongkind, Boudin, Sisley (un des meilleurs) et Caillebotte. Gauguin, dont l'art a été si fortement influencé par ses séjours en Bretagne, trouve sa place dans ce parcours avec deux toiles de sa période impressionniste. C'est à Emile Bernard, Sérusier, Maufra et Meyer de Haan que revient la tâche de témoigner, à travers le paysage et la nature morte, des recherches synthétistes de l'école de Pont-Aven. C'est aussi la Bretagne qui inspire La Marine bleue de Lacombe, superbe exemple de l'art des « nabis ». L'école régionale, attachée aux mythes et légendes celtiques, est plus discrète que dans d'autres musées de la région. La rareté des sculptures est le résultat des destructions massives provoquées par l'explosion des ponts de la ville au départ des Allemands en 1944.

L'entrée des avant-gardes dans la collection s'est faite tardivement, à partir de la réouverture du musée en 1957. Picasso est bien représenté avec trois peintures et en particulier la Baigneuse peinte à Dinard en 1928. Les différents mouvements de la première moitié du XXe siècle, cubisme, abstraction, surréalisme, figurent avec des oeuvres de qualité de Juan Gris, Kupka, Marcoussis, Tanguy. Les collections contemporaines, de leur côté, ont adopté une spécialisation selon deux axes principaux. L'abstraction tout d'abord, dans les multiples visages qu'elle adopte dans les années d'après-guerre, trouve dans Bryen, Riopelle, Sam Francis et Nicolas de Staël de brillantes illustrations. D'autre part, il était important que la présentation accorde une place aux artistes originaires de la région. Geneviève Asse, dont les peintures sont comme une fenêtre sur l'espace, est bretonne. Hains et Villeglé, originaires de Saint-Brieuc et de Quimper, montrent un aspect particulier de l'art des années soixante, le Nouveau Réalisme. Une ouverture vers la création très contemporaine, qui s'est cantonnée toutefois jusqu'ici à la peinture et à la sculpture, vient rappeler qu'un musée est une collection vivante qui s'enrichit au fur et à mesure que s'élaborent de nouveaux langages.

 


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