| Le musée des
beaux-arts de Rennes est, comme la plupart des musées de France,
une création révolutionnaire. Constitué en 1794 à
partir des uvres saisies dans les édifices religieux et civils
de la ville, le musée des beaux-arts tire cependant la plus grande
partie de ses richesses du fabuleux cabinet de curiosités de Christophe-Paul
de Robien (1698-1756), président au Parlement de Bretagne. Au XIXe siècle, les achats réalisés par l'Etat aux Salons enrichissent le musée d'uvres significatives des courants officiels, en particulier l'extravagant tableau d'Edouard Toudouze, Eros et Aphrodite. L'installation en 1855 du musée dans un nouveau bâtiment abritant aussi l'Université suscite des donations et legs importants : Le don d'Eugène Froment (Amaury-Duval, Portrait d'Isaure Chassériau) et le legs de Paul Lucas qui dote le musée d'une collection de Primitifs italiens. Endommagé par
la Seconde Guerre mondiale, le musée des beaux-arts de Rennes est
l'objet d'une rénovation en 1957, accompagnée d'une active
politique d'acquisitions qui fait entrer la collection dans la modernité : les Impressionnistes avec Gustave
Caillebotte, Les Périssoires et l'Ecole de Pont-Aven,
Emile
Bernard, l'Arbre jaune, Paul
Sérusier, Solitude et la Marine
bleue de Georges Lacombe. |
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Si son architecture, solennelle et austère, impressionne le visiteur, c'est qu'elle était à l'origine conçue pour abriter un palais universitaire. Aujourd'hui, le musée des beaux-arts tente de faire oublier cette atmosphère très officielle par une présentation de ses collections plus intimiste, où les couleurs vives des murs réchauffent l'espace. |
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Parallèlement, de grandes salles aux plafonds très hauts permettent de montrer des uvres de grands formats. Le visiteur est conduit de l'Antiquité égyptienne à l'art contemporain par une succession de salles où les chefs d'uvres succèdent à d'autres uvres plus discrètes qui savent pourtant dire leur beauté à l'amateur attentif.
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Ainsi, le Persée et Andromède de Véronèse sert de pivot à la salle du XVIe siècle. Le fameux Nouveau-né de Georges de la Tour, moment de silence et de recueillement, oppose son calme spirituel à la violence colorée de la Chasse au Tigre de Rubens, dans une salle-écrin au rouge profond |
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Puis l'immense Résurrection du Christ de Coypel, comme au temps où elle trônait dans le couvent des Dominicains de Rennes. Dans le couloir voisin, et lui faisant face, deux petites merveilles de natures mortes, veloutées et discrètes, nous restituent le génie de Chardin. Le Massacre des Innocents de Cogniet interpelle le visiteur depuis la salle XIXe, appel déchirant d'une mère protégeant son enfant des massacres perpétrés par Hérode. Le spectateur devient alors, par le simple jeux des regards, le principal acteur de la scène tragique qui se joue pour lui seul. |
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Point d'orgue d'un couloir où les jaunes dorés réchauffent les toiles impressionnistes, Les Périssoires de Caillebotte nous plongent dans les délices du temps perdu, nostalgie pour les jeux simples et l'insouciance. Avec Effets de vague de Lacombe, les arabesques japonisantes de la grande bleue entraînent le spectateur dans un rêve de nature, d'où l'homme est absent. C'est avec humour que La Baigneuse de Picasso vient rompre le charme, pantin désarticulé où se trouvent incarnées l'énergie et la liberté de l'enfance. C'est sur une note spirituelle que se clôt ce périple, sorte de voyage initiatique, sur l'Ouverture de la nuit de Geneviève Asse. Là, tout est bleu et silence, lumière et présence. Il y a peu à dire, mais tout à sentir. |
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