La représentation de l'espace

Donner l'illusion de la troisième dimension, créer l'espace dans un tableau est possible grâce à cette science merveilleuse qu'est la perspective linéaire, inventée en Italie au XVe siècle. Et pourtant, avant cette date et dans différentes civilisations, d'autres solutions ingénieuses ont été utilisées par les peintres. L'étagement, la perspective hiérarchique qui donne des dimensions différentes aux personnages en fonction de leur importance, sont des modes de représentations presque universels que l'on retrouve dans les tableaux religieux du XVIe siècle, les miniatures persanes ou encore les dessins d'enfant.

Véritable révolution picturale, la perspective de la Renaissance permet au tableau de copier au mieux la réalité. Mais elle n'en est pas moins une science difficile, dont l'enseignement a parfois été facilité par l'invention de machines et d'outils. C'est le cas des perspectographes de Dürer. Et l'on s'aperçoit souvent que du XVIe siècle au XVIIIe siècle, l'application des règles perspectives par les peintres était parfois superficielle, sans que la beauté de leurs œuvres en souffre.

La fin du XIXe siècle, avec Cézanne et ses natures mortes, où se combinent plusieurs points de vue, a mis en péril cette convention. Et les cubistes se serviront de son exemple pour remettre en cause définitivement la perspective. D'autres courants de l'avant-garde, et en particulier l'abstraction, découvriront aussi le pouvoir de la couleur dans la suggestion de l'espace.

Cette boîte met en lumière les différents modes de représentation de l'espace, le schéma perspectif de certains tableaux de la collection, des machines à dessiner miniatures, et autres instruments permettant de comprendre la construction mathématique de la perspective.