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Franz Anton Maulbertsch La Libération
d'une jeune fille Huile sur toile |
La conception hardie caractérisée
par la combinaison de couleurs contrastant avec la lumière, le style
remarquablement différencié qui combine les couches fines des
glacis avec les couches de pâte, l'exagération des formes allant
jusqu'à la déformation et les traits caricaturaux sont les éléments
typiques que l'on découvre dans les fresques et vastes compositions d'autels
de Franz Anton Maulbertsch dans les années cinquante. Ils apparaissent
également avec une intensité et un effet suggestif sans précédent
dans ses travaux plus délicats, dans les esquisses et les petits tableaux
de cabinet. L'un d'eux, provenant de la collection de la Galerie de Moravie,
représente l'une des meilleures prestations artistiques de Maulbertsch
de cette période.
La plupart des auteurs se contentent d'une qualification vague pour le titre,
comme Enlèvement, Scène de légende ou Libération
de la Vierge. Pourtant, il s'agit très probablement de la reproduction
d'une scène tout à fait concrète inspirée de la
littérature, sans doute d'un poème épique de la Renaissance
tardive ou du baroque. Jusqu'à présent, son thème n'a pas
encore été clairement explicité. La scène représente
un chevalier sur un étalon blanc, le drapeau appuyé contre l'épaule
droite. Il soulève une jeune fille à moitié dénudée,
aux cheveux blonds (une princesse ?) qu'il vient de sauver d'un danger mortel.
Le corps de l'adversaire vaincu se trouve à gauche, sous les sabots du
cheval tandis que sa tête coupée gît de l'autre côté.
La mise en scène de la lumière renvoie sans aucun doute à Rembrandt, Maulbertsch, de même que ses contemporains, étudiait avec beaucoup d'attention son oeuvre et la paraphrasait souvent, tant dans ses procédés artistiques que dans ses différents motifs. Les parties éclairées du tableau attirent le regard par les couleurs raffinées comme l'incarnat du visage de la jeune fille et de son corps, de même que le pelage et la crinière du cheval blanc. La conception des couleurs et la réalisation picturale témoignent de la fascination de l'auteur pour le maniérisme tardif des peintres de l'époque de Rodolphe II, notamment pour l'oeuvre de Bartholome Spranger, et sa connaissance profonde de la peinture flamande du XVIIe siècle, avant tout de l'uvre de Rubens et de Van Dyck.