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Sculpteur morave
anonyme |
L'architecture de ce petit autel comporte
un retable à colonnes avec une rallonge à volutes. Dans la partie
basse, la masse allégée de l'autel est conçue sur un plan
concave réservant de la place à la table d'autel dotée
d'un reliquaire et du tabernacle. Celui-ci forme une sorte de socle rehaussé
d'un cadre décoratif rectangulaire, relativement haut, limite l'espace
voué à la figure centrale de l'autel, saint Jacques, un des apôtres
et le premier des disciples à subir le martyre. Il est d'usage de la
représenter en pèlerin, bien que son voyage en Espagne (où
se trouve sa tombe à Saint-Jacques-de-Compostelle), ne soit pas prouvé.
Les figurines de l'autel composent deux triangles superposés dont l'un,
intérieur, est fait des deux saints debout et de la figure de saint Jacques.
L'autre, extérieur, est composé de deux sculptures sur bois représentant
des saints, entourant le retable de chaque côté avec X groupe de
sculptures composé de Dieu le Père avec le Saint-Esprit sous forme
de colombe dans la rallonge.
Ce groupe est lié à l'axe central de l'autel par la figure de
saint Jacques et au tabernacle sur la table d'autel. Les vases décoratifs
sur les ailes aux volutes de la rallonge n'ont qu'un rôle secondaire,
ainsi que les motifs aux ornements rocaille, répétés également
sur la cadrage de la niche abritant l'apothéose de saint Jacques. Les
attitudes et les gestes des différentes sculptures faisant partie de
la décoration d'autel proche. On retrouve des éléments
iconographiques communs dans le motif figuratif de la rallonge avec le corps
du christ sur la tabernacle dont la forme décorative aurait pu être
inspirée de l'autel en argent de Herkommer, créé pour la
chapelle de la Vierge Marie en, l'église Saint Thomas à Brno (1735).
Les petites dimensions de l'autel, jaspé aux couleurs délicates
et doré, laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'un modèle.
Mais il et possible d'envisager qu'il s'agisse aussi d'une maquette réduite
d'une uvre existant déjà ; Sa réalisation en grandeur
réelle n'est pas connue. Les principes de composition de l'autel, des
éléments figuratifs ainsi que du décor ornemental, tous
de style rococo, renvoient au domaine de la sculpture morave. Dans ce modèle,
on utilisa un type d'autel courant en Moravie avant la moitié du XVIIIè
siècle. L'hypothèse d'un auteur morave, peut-être de Brno,
est acceptable si on en juge par la technique du drapé. Le traitement
des habits des saints, trahissant les connaissances acquises à l'académie
de Vienne, rappelle les sculptures que Jakob Scherz (présent à
Brno dans le troisième quart du XVIIIè siècle) créa
pour les augustins de Brno. L'hypothèse de l'origine de ce petit autel
peut être coroborée par le fait qu'Andreas Bleiberger, auteur de
la jaspure, travaillait dans la ville de Brno.