Le paysage

L'histoire du paysage comme genre de la peinture reflète assez bien les rapports de l'homme avec la nature, chargés de défiance au Moyen-Age, de curiosité scientifique au XVIIème siècle, puis de communion avec les éléments au XVIIIème siècle.

Le paysage fantastique du XVème siècle, cadre de scènes religieuses où se lit l'inquiétude de l'homme face aux mystères de la nature dont il ignore les règles, cède bientôt la place au paysage idéalisé de la Renaissance. Influencé par la vision antique d'une nature généreuse, il sert alors de décor à des scènes mythologiques où l'harmonie s'instaure entre l'homme et son milieu.

Avec le XVIIème siècle, le paysage devient un genre autonome qui connaîtra un succès considérable. Si le paysage idéalisé obtient ses lettres de noblesse avec Poussin et Claude Lorrain, une vision plus naturaliste apparaît dans les pays du Nord et en particulier en Hollande. Nourries d'intérêt scientifique pour la botanique et les espèces animales, inspirées de sites réels, patiemment observés à travers dessins et esquisses, ces œuvres comportent parfois une intention morale cachée.

Longtemps considérée comme un genre mineur, la représentation de la nature deviendra le terrain de toutes les batailles de la modernité au XIXème siècle. Les Impressionnistes donneront aux arbres, aux fleurs et à la lumière qui les lare, la place d'honneur, reléguant au second plan les histoires humaines qui peuplaient jusque là la peinture. L'Ecole de Pont-Aven et plus tard, les fauves, se détacheront de l'observation scrupuleuse de la réalité pour créer des paysages aux couleurs éclatantes et aux formes recréées par la seule sensibilité du peintre.